Sénégal

Assainissement volontaire à Grand-Yoff

Dans le quartier qu’habitent les frères à Dakar, on a construit, il y a quelques années, des caniveaux pour l’évacuation des eaux de pluie qui inondent régulièrement les rues, les cours et souvent le rez-de-chaussée des maisons. Ces caniveaux sont recouverts par des dalles très lourdes avec des intervalles. Au fil des mois ils se remplissent de sable et de toutes les ordures qu’on y déverse. Et ne servent alors plus à rien.

Bien sûr les services de la Mairie devraient veiller et entretenir. Mais pour le moment rien ne se passe et la saison des pluies approche. Déjà l’an dernier, on avait frôlé la catastrophe et cette année, cela devrait être pire. Il faut vraiment faire quelque chose, mais quoi ?

Mobiliser le quartier ne va pas de soi, on attend tout de « services publics » virtuels ! Et dans cette société urbaine de déracinés, la solidarité, l’intérêt général sont des valeurs peu évidentes. Mais on commence à parler avec les jeunes, certains réagissent bien, on va au moins essayer.

Le samedi matin, un frère, avec deux ou trois jeunes, commencent le travail. Aucun effet d’entraînement… ils restent seuls sur les quelques longueurs de caniveau dégagé.

Dimanche matin, on recommence… et soudain tout se met en branle : un animateur de bals lance sa sono à plein régime, les jeunes se rassemblent, il faut racheter des pelles. Et les dalles s’envolent, la boue jaillit de tous côtés, les ordures et le sable se retrouvent sur la chaussée. En quelques heures tout le secteur est dégagé, les caniveaux nettoyés, les dalles remises en place, les tas fument encore.

Ca a marché ! On respire, les pluies peuvent venir.

Printed from: http://www.taize.fr/fr_article4999.html - 12 November 2019
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