Rajshahi – à la suite de la rencontre de Calcutta

JPEG - 24.6 ko

A la suite du pèlerinage de confiance en octobre dernier à Calcutta, en Inde, une rencontre de jeunes a eu lieu au Bangladesh du 15 au 18 février dans le village de Luckikul, près de la ville de Rajshahi, dans le nord-ouest du pays. Deux des frères de Taizé qui vivent au Bangladesh étaient présents, ainsi que quelques jeunes de Mymensingh, la ville où vivent les frères.

Environ 150 jeunes de la région de Rajshahi ont participé, habitant une quinzaine de villages différents des environs. Ces jeunes étaient originaires de diverses ethnies aborigènes du Bangladesh, notamment les ethnies Ouraos, Santals et Pahans. La population aborigène, appelée « Adivasis », très minoritaire en nombre au Bangladesh, est généralement beaucoup plus pauvre que la population de langue maternelle bengalie. Peu d’adivasis sont musulmans ; la plupart sont animistes, hindous, ou chrétiens.

Plus d’une soixantaine des jeunes chrétiens venus participer à cette rencontre près de Rajshahi étaient déjà connus, car ces jeunes ont tous un engagement dans leur village auprès de personnes démunies (soutien scolaire auprès d’enfants pauvres, accompagnement de personnes handicapées…) et ont l’habitude de se réunir régulièrement une fois par mois en petits groupes avec l’un ou l’autre prêtre de leur région pour un temps d’échanges ou de formation biblique. D’autres jeunes sont venus pour la première fois à cette rencontre, car ils en avaient entendu parler par des amis de leur village. Parmi ces nouveaux venus, les jeunes hindous étaient nombreux.

La première journée était animée par quelques jeunes du groupe de Mymensingh. Ceux-ci ont proposé une réflexion et un partage sur ce que vivent les jeunes aujourd’hui au Bangladesh, dans les villages, à l’école, les relations entre les jeunes et leurs parents, la vie quotidienne dans une société en pleine mutation économique et culturelle … C’était là une occasion rare pour ces jeunes des villages de pouvoir parler et échanger sur leurs difficultés et leurs espérances.

JPEG - 23.7 ko

Lors de la 2ème journée, un prêtre de Rajshahi, animateur du Centre Pastoral du diocèse et excellent connaisseur de la Bible, a partagé de façon très vivante sur « qui » est Jésus pour lui ; ce que lui-même a découvert à travers les Ecritures de la vie du Christ, ses paroles, son attitude envers ceux et celles qu’il rencontrait, ce qu’il représente pour tant d’hommes et de femmes aujourd’hui encore.

Il y a eu encore d’autres moments marquants au cours de ces journées : une réflexion sur la situation des Adivasis au Bangladesh aujourd’hui ; des témoignages de personnes travaillant dans les villages auprès des personnes handicapées… Le partage de deux jeunes adultes qui ont raconté leur séjour en octobre dernier à Kolkata lorsqu’ils étaient allés participer à la rencontre internationale du « pèlerinage de confiance » organisée là par la communauté de Taizé en lien avec des jeunes chrétiens de l’Inde.

Beaucoup de moments joyeux de rire et de détente aussi au cours de ces journées. Comme la paroisse du village de Lukikul où se passait la rencontre n’avait qu’une seule pompe où puiser l’eau, les jeunes du village avaient fait appel à leurs parents pour que tous les participants puissent se rendre chaque jour dans les maisons pour se laver et laver leur linge. Quant aux locaux de la paroisse qui servaient de dortoirs, ils avaient tous été aménagés avec de grands ballots de paille de riz provenant des champs entourant le village. Dans la petite cour de la maison du prêtre on avait creusé à la hâte la veille de la rencontre deux grands trous en vue de la cuisine traditionnelle au feu de bois. Comme il n’y avait pas d’électricité dans le village, un petit générateur de fortune avait été loué pour donner chaque soir un peu de lumière.

Pour beaucoup des jeunes, une grande découverte a été la beauté des trois temps de prière commune qui rythmaient chacune des journées, le matin, à midi et le soir. Les chants de Taizé traduits en bengali alternaient avec des badjans traditionnels (beaux chants très méditatifs, dont une phrase est d’abord chantée par un soliste, puis reprise ensemble par toute l’assemblée) et d’autres chants du pays. Dans le chœur de l’église, l’icône de l’amitié du Christ, reçue lors de la rencontre à Kolkata, rappelait notre communion avec d’autres jeunes du monde entier.

Le samedi soir, veille du départ, les chrétiens du village, enfants, jeunes et adultes, avaient été tous invités à venir se joindre aux jeunes pour une très belle prière commune. Puis, après le repas du soir, un grand moment de fête a réuni devant le parvis illuminé de l’église une foule d’habitants du village, musulmans, hindous et chrétiens ensemble. Sur une scène improvisée, un joyeux spectacle de chants, récitations de poèmes, et danses traditionnelles était donné, préparé le jour même par les jeunes des différents villages venus pour ces trois beaux jours de rencontre.

Printed from: http://www.taize.fr/fr_article4559.html - 26 May 2019
Copyright © 2019 - Ateliers et Presses de Taizé, Taizé Community, 71250 France