Portugal

Donner une continuité

En mars 2006, un frère a fait une série de rencontres au Portugal. Pendant dix jours il a visité des groupes et des paroisses dans diverses régions du pays.

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Au début du voyage, il y avait une rencontre au sud du pays. Dans le journal du diocèse, on pouvait lire : « Le 11 mars 2006 a fait date dans le cheminement de foi des jeunes de notre diocèse ! Des centaines de jeunes de l’Algarve se sont rassemblés pour vivre une forte expérience de partage, de réflexion et surtout de prière… Les familles du village de Aljezur ont préparé le repas pour tous… » Le soir, l’église paroissiale était trop petite pour accueillir tous ceux qui voulaient rejoindre les jeunes pour la veillée de prière. L’évêque avait envoyé un message qui a été lu au début : « Comme vous le savez, aujourd’hui, autour de vous, tout vous invite à marcher “sans Dieu” ou parallèlement à lui. Je suis certain que cette journée vous aidera à faire un “plongeon” profond et intime dans la personne du Christ. J’aimerais que, de cette rencontre, puisse jaillir votre décision sincère de marcher enracinés en lui pour pouvoir grandir toujours plus identifiés à lui… Notre Église diocésaine a besoin de votre jeune témoignage et de votre enthousiasme pour le Christ. En marchand sur la trace d’espérance ouverte par frère Roger et la communauté de Taizé, vous allez contribuer à la construction d’un monde plus accueillant et plus fraternel, parce qu’éclairé par le Christ, et intégrant toutes les différences… »

Lisbonne

Dans la région de Lisbonne il y a eu cinq rencontres, qui ont rassemblé plus d’un millier de jeunes. Inspirés par la forte expérience de prière vécue lors de la préparation et pendant la rencontre européenne de Lisbonne, plusieurs groupes ont commencé à organiser des prières régulières dans leurs paroisses. Il n’est pas toujours facile de donner une continuité à ces expériences, car le nombre des participants n’est pas très stable, mais la persévérance de quelques-uns permet d’offrir ces moments si importants et tellement appréciés. Dans certaines paroisses, ces prières sont animées chaque semaine, dans d’autres toutes les deux semaines ou tous les mois. Chaque groupe cherche à adapter ces temps de prière à la réalité concrète de sa communauté locale. Certaines familles, qui ont accueilli des jeunes à la fin 2004, disaient que le « pèlerinage de confiance » les avait aidées à garder une attitude plus solidaire et disponible, d’autres racontaient comment la rencontre européenne les avait aidées à découvrir leur communauté paroissiale… Un groupe d’élèves d’une école a décidé d’animer une prière hebdomadaire avec des chants de Taizé. Comme l’église de la paroisse se trouve juste en face de l’école, ils profitent de la pause de midi pour s’y rassembler pour 20 minutes de prière tous les lundis.

À Arouca, petite ville de 3000 habitants à 50 km de Porto, il y a eu une prière avec plusieurs dizaines de jeunes dans l’église d’un ancien couvent. Ces jeunes, de la ville et des petits villages de la montagne alentour, ont l’habitude de se rassembler pour une prière hebdomadaire itinérante qui a lieu chaque semaine dans l’église d’un autre village. Parmi eux, un groupe se prépare pour venir à Taizé au mois de juillet.

Porto et Viana do Castelo

À Porto et Viana do Castelo, deux grandes villes du nord du Portugal, c’était très beau de voir comment les jeunes qui ont participé à la rencontre de Milan ont su donner une continuité à cette expérience dans leurs communautés locales. En réfléchissant sur le sens personnel à donner à l’invitation pour « élargir » dont frère Roger parlait dans sa « Lettre inachevée », plusieurs parlaient de : « élargir le cheminement de foi », « élargir la disponibilité envers les autres », « élargir ce qu’on partage », « élargir notre famille pour y inclure des frères et des sœurs dans le Christ »… À la fin d’une rencontre, une question est restée ouverte : « Comment est-ce que je pourrais élargir le bonheur de quelqu’un qui souffre, – une personne âgée, un enfant, un jeune sans espoir, un malade, quelqu’un qui vit dans la pauvreté… ? »

Aux Açores

Pendant ce voyage au Portugal, il y a eu du temps pour un bref passage par les Açores, un archipel d’îles volcaniques au milieu de l’Atlantique, avec des visites aux îles Terceira et S. Miguel. À Angra do Heroísmo, la cathédrale était spécialement décorée pour l’occasion, plusieurs dizaines de personnes s’y sont rassemblées pour une veillée de prière. Un petit groupe de jeunes de Terceira se prépare pour venir célébrer la Semaine sainte à Taizé. Ce groupe a eu l’occasion de mieux connaître la communauté et le sens des rencontres. Pendant un temps de réflexion autour de la « Lettre inachevée », la question « qu’est-ce qui m’a aidé à comprendre que je suis aimé par Dieu ? » a aidé les jeunes à mieux se connaître et à partager sur la phrase de saint Jean « Dieu est amour ». Depuis quelques mois, ces jeunes travaillent pour pouvoir payer le voyage en avion jusqu’à Lisbonne et le bus Lisbonne-Taizé. Pour cela, ils ont commencé une campagne de ramassage sélectif de poubelles, porte à porte, en collaboration avec la Mairie de leur ville de 35000 habitants. Au-delà de l’aspect matériel, cette campagne vise aussi à sensibiliser la population sur l’importance du recyclage.

À S. Miguel il y a eu des prières, samedi soir à Furnas et dimanche soir à Ponta Delgada. À Furnas, en sortant d’une église remplie de jeunes, il était impressionnant de trouver dans le village même un jardin avec beaucoup de sources, chaudes ou froides, des mares d’eau bouillante, parfois avec des geysers, et beaucoup de fumerolles sortant des rochers, des grottes et même de la terre… Dimanche matin, il y a eu une eucharistie spécialement animée avec des chants de Taizé à Fajã de Cima, et l’après-midi un temps de rencontre et de réflexion a été animé avec des jeunes des différentes paroisses de l’île. Les jeunes se sont réjouis de connaître les activités des groupes voisins, et étaient particulièrement inspirés par le passage de la Lettre : « Qui choisit d’aimer et de le dire par sa vie est amené à s’interroger sur l’une des questions les plus fortes qui soient : comment soulager les peines et les tourments de ceux qui sont proches ou lointains ? » Certains ont des engagements qui sont de vrais signes d’espérance dans le monde d’aujourd’hui. Par exemple, un jeune couple parlait du temps où ils ont vécu dans une maison accueillant des enfants et des jeunes qui, par une raison quelconque, ne peuvent pas rester dans leur famille. Deux groupes de S. Miguel ont participé à la rencontre de Lisbonne et animent maintenant des prières avec des chants de Taizé dans plusieurs paroisses de l’île.

À la fin d’une rencontre, quelqu’un disait que « ces moments, avec toute leur simplicité et leur spontanéité, permettent que des jeunes ayant vécu des expériences différentes se retrouvent, prient ensemble, partagent sur leurs inquiétudes et leurs espoirs et se stimulent mutuellement dans leur cheminement de foi et dans leur recherche de communion avec Dieu et avec les autres. »

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