Échos du pèlerinage de confiance en Égypte

Ce pèlerinage était la première rencontre de jeunes que Taizé organisait au Moyen-Orient où 100 jeunes venant d’ailleurs étaient accueillis par 100 jeunes coptes de diverses paroisses du Caire, d’Alexandrie et de plusieurs diocèses copte-orthodoxes de Haute-Égypte, pour un temps de retraite, de connaissance réciproque et de découverte ou redécouverte de la longue et riche tradition de l’Église d’Égypte.

Un frère a noté ces points marquants de ces cinq jours :

  • la présentation par l’évêque Thomas des diverses dimensions de l’identité copte qui continuent de féconder l’Église aujourd’hui : sa dimension cosmopolite, l’héritage de ses martyrs et le prix du sang au service du pardon, son fond monastique comme un appel constant à la simplicité et à la non-recherche du pouvoir.
  • la participation attentive des jeunes d’autres Églises à la liturgie copte chaque matin. Pour la plupart, c’était leur toute première découverte de cette riche liturgie, de la langue copte, de la psalmodie avec ses mélodies qui semblent venir tout droit de l’Égypte antique.
  • la beauté de la prière des vêpres où avait été intégré un temps de silence de plusieurs minutes, suivi des quelques chants méditatifs de Taizé, traduits et chantés en arabe.
  • la visite et l’accueil chaleureux au monastère Saint-Macaire du Wadi Natrun. Le père Wadim nous y a reçus en nous parlant avec vigueur de l’héritage du père Matta El Miskine.
  • A l’Institut dominicain des Études Orientales, les frères dominicains nous attendaient en compagnie du professeur Ousama Nabil, du Conseil des sages de l’université islamique Al Azhar. Le frère dominicain Jean Druel a développé les cinq formes de dialogue interreligieux qui lui paraissent les plus pertinentes. Puis le professeur Ousama Nabil a parlé de la fondation de l’Université Al-Azhar et de sa volonté de dialoguer à travers son Conseil pour le dialogue interreligieux. Cette rencontre chez les dominicains a permis d’ouvrir une petite porte de partage avec quelques musulmans. Deux jeunes femmes musulmanes, membres de l’association française Coexister qui travaille au rapprochement des jeunes de diverses religions, ont participé à tout le pèlerinage avec nous. De même, des membres musulmans de l’Arche de Jean Vanier étaient aussi présents dans l’équipe qui, dans le cadre d’un atelier, présentait leur vie au service des personnes en situation de handicap.

A l’issue de cette rencontre de jeunes, frère Alois a eu la joie d’être reçu en audience par le Pape Tawadros, dans sa résidence privée. C’était le premier contact entre Taizé et le pape copte. Ce dernier s’est montré très attentif au travail réalisé conjointement avec l’évêque Thomas pour réunir des jeunes de diverses dénominations chrétiennes en Égypte, ainsi qu’à l’œuvre pastorale auprès des jeunes que notre communauté réalise en Europe avec bon nombre d’Églises.

L’enthousiasme des jeunes de se rencontrer était palpable. Dans cette première rencontre de jeunes en terre d’Orient, bon nombre nous ont demandé où et quand était la prochaine étape. Si, dans ces circonstances sécuritaires complexes nous avons pu nous rencontrer en Égypte, pourquoi ne pourrions-nous pas imaginer de vivre un même pèlerinage de confiance dans d’autres pays du Moyen-Orient ? Et pour nous qui venons de l’Europe, quelle bouffée d’air inspirante que de voir le dynamisme de tant d’Églises orientales avec leur jeunesse ! Il nous semble urgent de faire se rencontrer davantage les jeunesses d’Europe et celles du Moyen-Orient. »


Quelques témoignages de jeunes participants

Johanna (Suède)


Nous avons été accueillis par l’Église copte avec tant de joie et de paix. Dès le lendemain de notre arrivée, l’évêque Thomas, de l’Église copte orthodoxe, a donné une introduction sur cette Église. Il n’a pas parlé de la peur, il a parlé de l’amour et du pardon. Le message était clair, très sincère, et il nous a tous touchés profondément. Quand j’ai demandé à un de mes tout nouveaux amis égyptiens comment lui et les autres chrétiens coptes ont fait pour laisser l’amour éclipser la peur en eux, il a été surpris de ma question. Il m’a simplement répondu : “Tout le monde dans cette salle connaît quelqu’un qui a été victime d’un attentat, mais à ta question sur comment faire pour continuer à aimer, il n’y a pas de réponse. Pour nous, il suffit d’aimer, toujours, et c’est tout”.
Être accueillis par cette belle Église copte, la découvrir si fortement remplie d’amour au milieu de ces temps si difficiles pour elle, c’est une expérience que je n’oublierai jamais. »

Maguelone (France)


« De ces cinq jours à Anafora, je retiens la richesse des témoignages et la gentillesse des Égyptiens. J’ai été touchée par leur hospitalité et impressionnée par le courage dont certains font preuve, dans un pays à l’avenir incertain. Alors que nous discutions du défi d’être copte aujourd’hui, deux propos m’ont particulièrement marquée. L’un venait d’un prêtre d’Anafora : “L’église copte est extrêmement forte, car elle a énormément pardonné. C’est ce pardon qui nous libère.” L’autre venait d’un jeune étudiant chrétien du Caire, à propos de ses relations avec les musulmans : “En Égypte, on étudie, on travaille et on fait la fête ensemble, sans se poser de question. Si certains me veulent du mal, je réagis avec humour et patience. Je sais qu’ils sont ignorants et plus malheureux que moi.” »

Rebecca (Allemagne)


« En cette période particulièrement difficile, nous voulions exprimer notre communion avec les chrétiens d’Égypte en prenant part à ce pèlerinage de confiance. Alors je me suis demandé comment, dans cette situation, je pouvais écouter Dieu, comment laisser retentir sa voix en moi (...) C’est pour découvrir cela que j’ai choisi l’atelier : « Écouter Dieu dans le silence de nos cœurs », animé par Fadi Tawadros, un responsable de la jeunesse dans l’église orthodoxe copte à Giza, au Caire. J’ai aimé me rendre compte que nous devons faire confiance à nous-mêmes et que je dois demander à Dieu de me parler par le Saint-Esprit, qui vit en nous. »

Mariana (République tchèque)


« Anafora est l’un des plus beaux endroits que j’ai jamais visité. C’est un lieu empli d’une forte vie spirituelle, où il y a de belles églises ; d’autres bâtiments là me rappellent des scènes de la Bible.
J’étais heureuse de découvrir aussi une partie du patrimoine historique de l’Égypte. Cependant, ce que j’ai le plus aimé, c’était de rencontrer et de parler à des gens de différentes nations et de différents horizons. (…) Je pensais venir en Égypte pour soutenir la minorité chrétienne. J’étais désolée pour eux à cause de leurs souffrances après les attaques terroristes. Cependant, j’ai trouvé une communauté forte avec une foi forte, qui par ailleurs prie pour les chrétiens de l’Europe, en raison de la faiblesse spirituelle de ceux-ci. Ils m’ont assuré de leurs prières pour nous. »

François et Henri (Belgique)


« Parenthèse dans un emploi du temps frénétique mais parfois superficiel, la rencontre avec les chrétiens d’Égypte lors du Pèlerinage de Confiance à Anafora et au Caire, nous a, en l’espace de quelques jours, plongé dans la vie de ces fervents bâtisseurs de paix et témoins courageux de la chrétienté d’Orient. L’ambiance joyeuse et accueillante, propice aux conversations sincères, scella naturellement l’amitié entre tous les pèlerins, et nous avons pu étudier la beauté de nos différences tout au long des méditations de groupe, offices orthodoxes et visites guidées de ce superbe pays. Nous revenons en Europe renforcés dans notre foi, l’écho des chants de Taizé en arabe retentissant encore dans nos prières. »

Otto (République tchèque)


« Je vous suis si reconnaissant de m’avoir permis de participer à ce beau pèlerinage en Égypte. J’étais l’un des rares participants à n’être jamais allé à Taizé auparavant. Cela a été un moment très important pour ma vie d’avoir été là, et de rencontrer tant de gens intéressants de différentes parties du monde. »

Anna-Maria (Liban)


« Je me suis rendu compte à quel point les coptes sont profondément enracinés dans la foi, surtout quand ils sont persécutés, alors que vous voyez des chrétiens se déclarant aujourd’hui athées, eux qui peuvent pratiquer leur foi en toute tranquillité. Je prie pour eux et j’aimerais renforcer les liens entre les chrétiens du Liban et ceux de l’Égypte. »

Témoignages de quelques participants Égyptiens :

Sandra (Égypte)


« En tant que copte, j’ai toujours cru que je connaissais les pratiques spirituelles de nos traditions liturgiques. Mais en fait, la profondeur de nos propres traditions a été mise en valeur lorsque nous l’avons partagée avec la communauté de Taizé. Tous ensemble nous cherchions une seule chose : le silence dans l’amour de notre Seigneur. »

Sameh (Égypte)


« J’ai vécu un moment très spécial et différent de tout ce que j’ai jamais connu auparavant. Nous avons loué Dieu tous ensemble , avec presque toutes les langues du monde. Voilà ce que pourrait être le Ciel ! »

Père Angelos, prêtre Copte Orthodoxe (Égypte)


« La diversité des groupes a rendu la discussion très riche. Des gens d’horizons différents, de compréhension différente de la spiritualité et de son expression. Cela m’a personnellement beaucoup enrichi. »

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