Inde, février-mars 2013

Des visites à Vasai et Mumbai

En février et mars derniers, des frères de Taizé ont passé plusieurs semaines dans la ville de Vasai. Voici un récit de leur voyage.

La ville de Vasai se trouve au Nord de la Région Métropolitaine de Mumbai (Bombay) qui compte vingt millions d’habitants. Beaucoup de gens de Vasai voyagent quotidiennement dans des trains surchargés pour se rendre au centre de Mumbai.

Il y a beaucoup de chrétiens à Vasai et le lien de l’Église locale avec Taizé est déjà ancien ; frère Roger y était venu durant sa première visite en Inde en 1976. Depuis lors beaucoup de jeunes de cette ville, de différentes confessions, ont séjourné à Taizé durant les trois mois d’été comme volontaires dans le cadre de l’accueil des rencontres internationales de jeunes.

Comme frère Alois l’a annoncé à la rencontre européenne de Rome, 2013 sera une année où nous voudrions écouter spécialement les jeunes de l’Asie. Il y aura des rencontres dans plusieurs pays. C’est ainsi qu’est prévue une étape du « Pèlerinage de Confiance sur la Terre » en novembre, à Vasai, pour les jeunes de cette ville et des environs avec la participation des différentes églises. Bien sûr une telle rencontre pose beaucoup de problèmes d’organisation, le lieu de la célébration, les repas, les transports, que nous cherchons à résoudre. Mais nous sommes venus d’abord pour cheminer avec les jeunes.

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Le thème pour 2013 est « Découvrir les sources de la confiance en Dieu ». Avec les jeunes de Vasai nous y avons réfléchi : comment les mois à venir peuvent-ils devenir un temps pendant lequel nous sommes renouvelés dans la confiance, la confiance en Dieu mais aussi la confiance avec les gens autour de nous ? Comment pouvons-nous approfondir notre relation avec Dieu et aussi nous retrouver plus souvent pour prier ensemble ?

Chaque week-end, nous avons visité les paroisses dans l’un ou l’autre quartier de la ville. Nous avons aussi rencontré les étudiants des écoles catholiques et pris contact avec les groupes de jeunes des paroisses. Beaucoup connaissent déjà les chants de Taizé mais ils voulaient aussi davantage d’information sur les rencontres internationales. Avec certains d’entre eux nous avons réfléchi sur la confiance en Dieu et comment la vivre dans une vie tellement active. Comment trouver des forces dans notre relation avec Dieu, quelle sorte d’amitié voulons-nous vivre en tant que chrétiens ? Dans les écoles nous avons rencontré des centaines d’étudiants ; pour la plupart des chrétiens mais certains d’entre eux sont venus avec des amis non-chrétiens.

Chaque week-end également un groupe de jeunes d’une paroisse organisait une prière et y invitait tous les jeunes de la région. Ces prières étaient bien préparées, tant pour la décoration du lieu que pour les chants et la musique. Chaque fois il y avait une prière autour de la croix et le chant continuait jusque tard dans la nuit. Ces prières et ces rencontres nous ont donné comme un avant-goût de la rencontre de novembre et encouragé beaucoup de jeunes dans leur recherche des « sources d’eau vive ».

Pendant notre séjour nous avons aussi visité la région rurale autour de Vasai, des petits villages, si différents de la grande ville. Dans certains cas les jeunes ont à faire jusqu’à six kilomètres à pied chaque jour pour rejoindre leur école. Là aussi nous avons pu avoir des prières et des rencontres.

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Un matin, après une belle prière la veille au soir dans l’église du village, nous sommes allés visiter un hôpital. Une image nous reste : les femmes réunies autour du puits, l’eau dans les cruches, les conversations animées dans le soleil du matin. Comment ne pas songer à la rencontre de Jésus et de la femme Samaritaine, à qui il promet l’eau vive.

C’est cela même que nous souhaitons vivre en novembre quand nous retournerons à Vasai : découvrir une source d’eau vive, Dieu dans notre vie, lui qui nous encourage : « La confiance en Dieu fait naître en nous un nouveau regard sur les autres, sur le monde , sur l’avenir, un regard de reconnaissance et d’espérance, un regard pour la beauté » (Quatrième des Propositions 2013 de frère Alois).

Des rencontres et des prières ont aussi été organisées dans la ville de Mumbai. Frère Alois s’y rendra en novembre pour une veillée de prière qui suivra la rencontre de Vasai.

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Visites en septembre et octobre 2012

Un frère qui a visité l’Inde fin septembre écrit : « c’est à chaque fois un plongeon dans un monde aux telles diversités, aux tels contrastes, un pays - un continent - tout tourné vers son avenir mais qui, malgré la modernité vers lequel il semble courir, garde très profondément au fond de lui, un immuable sens religieux. »

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A un jour d’intervalle, là où je logeais à Mumbai, se déroulaient devant mes yeux deux manifestations religieuses, l’une animée par des hindous et l’autre par des chrétiens : le samedi 29 septembre était le dernier jour de Ganesh Visarjan où les statues de Ganesh sont plongées dans l’eau de la mer, le dieu Ganesh emportant avec lui tous les malheurs de ceux qui le vénèrent. Des processions exubérantes de jeunes et de moins jeunes chantant, dansant inlassablement dans la rue.

Le lendemain, c’était la fête de Karam, une fête tribale très populaire et joyeuse car elle se situe après la moisson. De nombreuses jeunes tribaux Adivasis viennent à Mumbai chercher un travail, beaucoup comme domestiques. La majorité sont des jeunes chrétiens. Chaque dimanche, ils se retrouvent à l’école St François Xavier pour la messe en hindi. Ce dimanche 30 septembre, tout avait été soigneusement préparé, en intégrant dans la liturgie des éléments propres à leur culture. Une chorale avait répété les chants respectant les étapes de la célébration. Avant que ne commence la messe, tous se sont retrouvés dans la cour pour couper trois branches de l’arbre Karam puis en dansant ils sont entrés lentement dans le hall transformé en chapelle. Après la célébration, la fête a continué tard encore avec une collation et surtout des danses tribales auxquelles tous se sont joints.

Une des valeurs qui reste ancrée dans le cœur des gens et résiste aux changements de société est l’attachement à la famille. C’est dans la vieille maison familiale de Kumbalanghi qu’Edward et Audrey accueillaient une quinzaine de jeunes couples avec leurs enfants, en tout plus de quarante personnes.La préparation a commencé dès 15h. Il est difficile de décrire ce qui s’est passé, ce fut comme un ballet d’échelles fixant les tissus oranges dans les arbres, les enfants courant au milieu, les arrivées en moto, auto rickshaw, voiture, à chaque fois de nouveaux enfants tournant autour des icônes et des plantes vertes. Une fois tout le monde arrivé, les couples se sont retrouvés pour réfléchir sur ce que pouvait signifier « la nouvelle solidarité ». Un des conjoints de chaque couple avait passé 3 mois à Taizé autrefois et désirait partager avec son époux ou épouse l’expérience vécue. Admirable de voir la qualité d’écoute de chacun, la place donnée aux enfants pendant la prière, la beauté de la cour soudain transformée en lieu de prière.

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A Kolkata, avant de prier près du tombeau de mère Teresa, il a été possible de partager une étape du pèlerinage de confiance avec ceux qui étaient venus : un petit groupe de Baruipur, d’autres de Bishop’s College, des volontaires travaillant dans une des maisons des sœurs. Le témoignage de Mère Teresa demeure un encouragement à poursuivre le chemin de la nouvelle solidarité.

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